Replay | Comment notre cerveau élimine-t-il-les-protéines toxiques qui s’accumulent ?

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La maladie d’Alzheimer est une pathologie complexe et neuro-évolutive. Dans le cerveau, elle se caractérise par l’accumulation toxique des protéines amyloïde et tau ; ce qui entraîne le dysfonctionnement des neurones et des connexions entre ces neurones. Toutefois, il existe des mécanismes d’élimination très efficaces des éléments toxiques présents dans notre cerveau.

/ Nos experts ont répondu à vos questions

  • Est ce que l’amélioration des troubles cognitifs est liée à l’amélioration de la circulation du LCR ?
    Il y a un lien entre sévérité des troubles cognitifs et efficacité de la circulation du LCR dans des modèles animaux de pathologies neurodégénératives. Les agents pharmacologiques disponibles aujourd’hui ne permettent que de réduire les flux de LCR, mais pas de façon spécifique de les augmenter. Il est donc difficile de faire une réponse plus affirmative.
  • Est-ce que le systèmes glympathique peut être bénéfique dans les démences à corps de Levy ?
    Le drainage par le LCR des protéines toxiques présentes dans la maladie d’Alzheimer, c’est-à-dire l’amyloïde, n’est pas spécifique à cette protéine. Ce phénomène permet d’éliminer d’autres types de déchets qui s’accumulent dans le cerveau.
    Comment améliorer le sommeil des personnes âgées pouvant se trouver réduit ou perturbé ?
    Il est important tout d’abord d’analyser les causes de leurs troubles du sommeil. Le petit questionnaire présent dans la vidéo aidera à quantifier ces troubles. Ce qu’il ne faut pas faire c’est s’automédiquer, mais contacter son médecin traitant. Ce dernier réalisera un bilan précis pour définir l’origine de ces troubles et pourra ainsi apporter la solution la mieux adaptée.
    L’utilisation d’équipements contre l’apnée du sommeil peut-elle aider à l’élimination des protéines toxiques dans le cerveau ?
    Il n’existe pas de données précises sur les effets directs des appareils destinés à lutte contre les apnées du sommeil sur l’élimination des protéines. Ces équipements ont des effets bénéfiques sur le risque de maladie d’Alzheimer, ils améliorent la pression artérielle et les symptômes fonctionnels comme la sensation de fatigue permanente.
  • Un méningiome peut-il pertuber la circulation du LCR ?
    Il est difficile d’établir un lien de cause à effet entre le méningiome et la perturbation du flux de LCR. Toutefois, il est important de comprendre que toute perturbation des flux sanguins possède un impact sur les flux de LCR. En effet, les « chemins » pris par le LCR sont totalement dépendants des espaces périvasculaires (artères et veines, en particulier les gros vaisseaux).
  • Quelle est la meilleure position durant le sommeil pour éliminer les protéines toxiques dans le cerveau ?
    A ce jour, aucune étude n’a été effectuée chez l’homme. Cependant, les travaux réalisés grâce aux animaux indiquent tout d’abord que la position allongée permet un meilleur flux de LCR dans le cerveau, en comparaison avec la position debout. Dans une étude chez la souris, la position la plus efficace pour le drainage des protéines est la position sur le dos. Dans une autre étude chez le rat, il a été démontré que la position de côté permettait un meilleur flux de LCR.
  • Une fois drainées par le système glymphatique, où se retrouvent les protéines toxiques ?
    Une portion de LCR dans le cerveau est drainée par le système lymphatique ayant des réseaux de vaisseaux à la surface du cerveau. Les protéines peuvent donc être éliminées par la voie lymphatique. Il a été également montré que les écoulements du nez et des larmes pouvaient être une voie de libération des protéines éliminées. Il est d’ailleurs possible de détecter l’amyloïde dans les écoulements de larmes; Cela pourrait donc être une nouvelle méthode de biomarqueur.
  • Peut-on retrouver les protéines toxiques éliminées dans les urines ?
    Sachant qu’une partie du drainage lymphatique va se retrouver dans le péritoine, il est possible que les protéines toxiques soient éliminées par les urines. Toutefois, la quantité retrouvée semble inférieure au seuil de détection par les outils actuels.
  • La mélatonine est-elle impliquée dans l’élimination des protéines toxiques dans le cerveau ?
    Il est difficile d’établir un lien de cause à effet entre la mélatonine et le flux de LCR. Toutefois, on sait que le sommeil est un facteur modulant les flux de LCR et donc l’élimination des protéines. Chez les individus ayant des cycles de sommeil perturbés, les études montrent que la perturbation des cycles entrainent une perturbation des flux de LCR.
  • Connait-on la vitesse de circulation du LCR ?
    Les flux de LCR sont des flux lents, bien plus que les flux sanguins. Cela entraine des difficultés de mesure. Seuls les ultrasons ultrarapides pourraient permettre ces mesures.
  • Est-ce la vasomition influence l’élimination des protéines toxiques dans le cerveau ?
    Il est important de rappeler que l’oxygénation a un impact fort sur le système vasculaire cérébral. Concernant le volume des vaisseaux, il faut considérer que lors de la vasodilation de l’espace périvasculaire, l’espace pour le passage du LCR se réduit. Ce phénomène permet d’expliquer pourquoi la pulsatilité périvasculaire contrôle les flux et favorise la circulation du LCR.
  • Est-ce que les techniques de respiration profonde utilisée durant le yoga ou la méditation favorisent l’élimination des protéines toxiques dans le cerveau ?
    Il est difficile d’établir un lien de cause à effet entre les flux de LCR et la qualité/fréquence de la respiration. Toutefois, les travaux de recherche ont montré un lien direct entre les flux de LCR et la pulsatilité cardiaque; Cette dernière étant impactée par la fréquence respiratoire.
  • Quelle est la durée de sommeil efficace recommandée ?
    Pour être bénéfique, la durée du sommeil doit être inférieure à 9 heures par nuit.
  • Le sommeil est-il aussi efficace lorsqu’il est cumulé entre le jour et la nuit ?
    Les études mesurant les durées optimales de sommeil vis-à-vis du risque de maladie d’Alzheimer se sont intéressées au sommeil nocturne. Les siestes dans la journées sont reconnues comme permettant un certain degré de récupération de la fatigue dans la mesure où elles sont de courtes durées, n’excédant pas 15 à 20 min environ.
  • Le bâillement est-il important dans l’élimination des protéines toxiques dans le cerveau ?
    Le rôle physiologique du bâillement n’est pas clairement défini.
  • Peut-on mesurer l’élimination de la protéine tau ?
    Il n’y a pas de travaux permettant de répondre directement à cette question. Toutefois, il est raisonnable d’envisager que les niveaux de détection soient un frein pour de telles études. Aussi, la protéine Tau s’accumule à l’intérieur des cellules et est retrouvée dans le LCR.
  • Est ce possible de renforcer le système ubiquitine-protéasome par des médicaments ou l’alimentation dans la maladie d’Alzheimer ?
    En effet le protéasome permet de dégrader les protéines mal conformées comme dans la maladie d’Alzheimer. Booster le protéasome retarderait la maladie et des recherches actives tentent de trouver des molécules qui pourraient activer le protéasome. Il n’y a pas encore d’essais cliniques en cours.
  • L’alimentation joue t-elle un rôle dans l’élimination des protéines toxiques dans le cerveau ?
    C’est une bonne question. A notre connaissance, cette hypothèse n’a pas été étudiée à ce jour.
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