Minute Cerveau & Recherche – Episode 40

La maladie d’Alzheimer est une maladie complexe dont les mécanismes restent encore imparfaitement compris. Si les protéines amyloïdes et tauProtéine située à l’intérieur des neurones et qui permet de maintenir, de stabiliser le squelette de celui-ci. occupent depuis longtemps une place centrale dans la recherche, d’autres processus biologiques pourraient également contribuer à son développement. Une étude récente s’est intéressée à un mécanisme peu exploré : la glycosylation, un processus naturel qui permet à certaines molécules de sucre de se fixer sur les protéines. Les chercheurs suggèrent qu’un excès de ce phénomène pourrait participer à la progression de la maladie.

/ Les actualités scientifique parues au mois de juin

Les tests de mémoire utilisés aujourd’hui reposent souvent sur des listes de mots ou des exercices réalisés dans un cadre très éloigné de la vie quotidienne. Des chercheurs français ont développé un nouvel outil appelé « NEM » (Nouvelle Evaluation de Mémoire) afin d’évaluer la mémoire dans des conditions plus proches de celles que nous rencontrons chaque jour.

Dans ce test, les participants regardent une courte vidéo mettant en scène des situations de la vie courante. Ils doivent prendre des décisions à la place du personnage principal, sans savoir à l’avance qu’ils devront ensuite se souvenir de ce qu’ils ont vu.  Cette approche cherche à reproduire plus fidèlement la manière dont nous mémorisons les événements du quotidien.

Après un délai, les participants sont invités à raconter ce dont ils se souviennent au cours d’un entretien guidé permettant d’explorer différents aspects de leur mémoire.

Le NEM a été testé auprès de 199 adultes sans trouble cognitifDésigne un groupe de symptômes qui touchent le cerveau et qui altèrent nos capacités intellectuelles, à savoir la mémoire, le langage, l’apprentissage…, âgés de 18 à 91 ans, ainsi que de 35 personnes présentant des troubles cognitifs légers ou une maladie d’Alzheimer.

Les résultats montrent que cet outil est fiable et qu’il est sensible aux effets du vieillissement. Il permet également de distinguer les personnes présentant des troubles cognitifs de celles dont le vieillissement est considéré comme normal.

Ces premiers travaux suggèrent que le NEM pourrait compléter les tests de mémoire existants en proposant une évaluation plus proche des situations de la vie réelle. Il pourrait ainsi aider les cliniciens à mieux comprendre les difficultés de mémoire observées au cours du vieillissement et dans certaines maladies neurocognitives comme la maladie d’Alzheimer.

Des équipes de recherche allemandes ont développé une nouvelle méthode d’imagerie cérébrale permettant d’observer avec précision les connexions qui relient les différentes régions du cerveau. Ces connexions, constituées de fibres nerveuses regroupées dans la « matière blanche », jouent un rôle essentiel dans la transmission des informations.

En analysant les données de personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, de la maladie de Parkinson, de l’atrophie multisystématisée ou encore de la paralysie supranucléaire progressive, les chercheurs ont montré que chaque maladie présente une signature particulière des réseaux cérébraux touchés. Ils ont nommé cette cartographie un « dégénérome ».

Ces résultats renforcent l’idée que les maladies neurodégénératives perturbent non seulement les régions du cerveau, mais aussi les réseaux de connexions qui les relient.  À terme, cette approche pourrait contribuer à améliorer le diagnostic et le suivi des patients en offrant une vision plus précise des circuits cérébraux affectés.

Pour répondre à cette question, des chercheurs ont analysé des tissus cérébraux provenant de personnes âgées de plus de 80 ans, avec ou sans maladie neurocognitive, ainsi que de centenaires restés cognitivement en bonne santé malgré une accumulation importante de protéines amyloïdes.

Les résultats suggèrent que la présence de ces lésions cérébrales ne suffit pas à expliquer l’apparition des symptômes. La façon dont les cellules du cerveau réagissent à ces lésions pourrait également jouer un rôle essentiel.

Les chercheurs ont notamment identifié plusieurs étapes clés dans l’évolution de la maladie, marquées par un changement de comportement des microglies les principales cellules immunitaires du cerveau. Cette transition semble intervenir entre l’accumulation des protéines amyloïdes et l’apparition des lésions liées à la protéineÉlément biologique composée de petites molécules, appelées acides aminés, présent dans les cellules de tous les êtres vivants et dont le rôle… tau, fortement associées au déclin cognitif.

Chez certaines personnes « résistantes » à la maladie, ces réactions cellulaires suivent des trajectoires différentes de celles observées chez les personnes atteintes de maladies neurocognitives. Ces résultats renforcent l’idée que certains mécanismes biologiques pourraient protéger le cerveau malgré la présence de lésions.

Mieux comprendre les mécanismes de résilience pourrait ainsi ouvrir de nouvelles pistes pour prévenir ou ralentir la maladie d’Alzheimer.

La maladie d’Alzheimer est généralement associée à l’accumulation de protéines anormales dans le cerveau. Une nouvelle étude suggère qu’un autre mécanisme pourrait également jouer un rôle important : l’hyperglycosylation.

La glycosylation est un processus normal au cours duquel des chaînes de sucres, appelées glycanes, se fixent sur certaines protéines afin d’en assurer le bon fonctionnement. Les chercheurs ont observé que ce phénomène est excessivement activé dans la maladie d’Alzheimer, aussi bien dans des modèles animaux que dans des tissus cérébraux humains.

Les résultats montrent que cette hyperglycosylation est liée à une production accrue de glycanes dans le cerveau. Chez des souris modèles de la maladie, la réduction de la fabrication de ces molécules améliore les performances cognitives, tandis que leur augmentation aggrave les troubles de la mémoire.

Les chercheurs ont également analysé les données médicales de patients atteints de la maladie d’Alzheimer. Dans cette cohorteGroupe de personnes sélectionnées selon des critères, comme l’âge ou le sexe, malades ou en bonne santé, pour être suivies pendant une…, les personnes prenant de la glucosamine, un complément alimentaire, présentaient en moyenne une progression plus rapide de la maladie et une survie plus courte.

Cette étude suggère que certaines perturbations du métabolisme des sucres pourraient contribuer directement au développement de la maladie d’Alzheimer. Les mécanismes impliqués dans la glycosylation pourraient ainsi représenter de nouvelles pistes pour la recherche et le développement de futurs traitements.

/ En bref : ce qu’il faut retenir

1️⃣ Un nouveau test de mémoire, plus proche des situations de la vie quotidienne, pourrait compléter les outils utilisés pour évaluer les troubles cognitifs.

2️⃣ Une nouvelle méthode d’imagerie permet de cartographier les réseaux cérébraux touchés par différentes maladies neurocognitives et d’en distinguer des signatures propres.

3️⃣ Certaines personnes semblent résister aux effets des lésions associées à la maladie d’Alzheimer grâce à des mécanismes biologiques de protection encore mal compris.

4️⃣ Une étude suggère qu’un excès de glycosylation, un processus impliquant la fixation de sucres sur les protéines, pourrait contribuer au développement de la maladie d’Alzheimer.

/ Rendez-vous le premier dimanche de chaque mois

Mieux évaluer la mémoire, comprendre comment les maladies neurodégénératives affectent les réseaux cérébraux, identifier les mécanismes qui permettent à certaines personnes de résister à la maladie d’Alzheimer ou encore explorer de nouvelles pistes thérapeutiques : la recherche continue d’apporter de nouvelles connaissances sur le fonctionnement du cerveau et les maladies neurocognitives.

La Minute Cerveau & Recherche évolue également. Désormais, nous vous proposerons un rendez-vous mensuel pour faire le point sur les avancées scientifiques les plus marquantes. Retrouvez-nous désormais chaque premier dimanche du mois pour découvrir une nouvelle sélection d’études et mieux comprendre les enjeux de la recherche sur la maladie d’Alzheimer et les maladies neurocognitives.

Télécharger
Partager sur :

/ Vous aimerez aussi

Newsletter

Je souhaite recevoir toutes les dernières actualités