Minute Cerveau & Recherche – Episode 25

Publié le - Modifié le

Dans ce 25ème épisode de la Minute Cerveau & Recherche, nous vous proposons de découvrir trois avancées scientifiques qui apportent un nouvel éclairage sur les mécanismes du vieillissement cérébral et sur les facteurs impliqués dans la maladie d’Alzheimer.

/ Les actualités de la semaine

Avec l’âge, les neurones perdent progressivement leur capacité à renouveler et éliminer leurs protéines, un mécanisme pourtant essentiel à leur bon fonctionnement.

Dans cette étude, les chercheurs montrent que le renouvellement des protéines neuronales ralentit fortement au cours du vieillissement, ce qui favorise leur accumulation et la formation d’agrégats. Ils identifient ainsi un ensemble de plus de 1 700 protéines qui s’accumulent dans le cerveau âgé, dont certaines étaient déjà connues pour être impliquées dans les maladies neurodégénératives, mais aussi de nombreuses protéines jusqu’ici peu étudiées. L’étude révèle également que ces protéines, notamment celles impliquées dans les connexions entre neurones, s’accumulent dans les microglies, les cellules immunitaires du cerveau. Ce phénomène pourrait contribuer à la perte progressive des synapses et au déclin cognitif lié à l’âge.

Ces résultats mettent en évidence un mécanisme cellulaire important du vieillissement cérébral, qui pourrait ouvrir de nouvelles pistes de recherche pour mieux comprendre et traiter des maladies comme la maladie d’Alzheimer.

Le gène Apolipoprotéine E (APOE) joue un rôle majeur dans le risque de développer la maladie d’Alzheimer. Cependant, la part exacte de la maladie attribuable à ces variations génétiques restait encore à préciser. Cette nouvelle étude vise à estimer la proportion des cas de maladie d’Alzheimer, de maladies neurocognitives et des lésions cérébrales associées qui sont liées aux allèles courants du gène APOE, c’est-à-dire aux versions les plus communes dans la population, à savoir ε3 et ε4.

Les chercheurs ont analysé les données de plus de 460 000 personnes âgées de 60 ans et plus issues de 2 banques de données (UK Biobank et FinnGen). Les diagnostics de maladie d’Alzheimer et de maladies neurocognitives ont été établis à partir des dossiers médicaux électroniques des individus. Ils ont également étudié la présence de dépôts amyloïdes cérébraux chez 4 415 participants et de lésions cérébrales chez 5 007 personnes.
Les chercheurs ont ainsi calculé la part des maladies attribuable aux allèles ε3 et ε4 en prenant comme référence les porteurs de génotype ε2/ ε2, la forme la plus rare.
Pour la maladie d’Alzheimer, cette proportion varie de 71,5 % à 92,7 % selon les cohortes étudiées. Dans une étude en particulier, 85,4 % de l’accumulation cérébrale d’amyloïde est attribuable à ε3 et ε4. Concernant les maladies neurocognitives toutes causes confondues, environ 44 à 46 % des cas sont liés à l’allèle 3 et à l’allèle 4 respectivement.

Les résultats des travaux indiquent que, sans le risque associé aux allèles ε3 et ε4, la grande majorité des cas de maladie d’Alzheimer ne surviendrait pas. Environ la moitié des cas de maladies neurocognitives serait également évitée. L’étude souligne ainsi l’importance centrale du gène APOE dans la prévention et le traitement des maladies neurocognitives.

Des travaux récents suggèrent que les troubles du langage peuvent apparaître précocement chez les personnes présentant un trouble cognitif léger (MCI). Cette étude évalue en particulier l’intérêt diagnostique de deux tests simples de compréhension et de mémorisation du langage.
L’objectif des équipes de recherche est de distinguer des personnes âgées en bonne santé de celles diagnostiquées cliniquement avec un MCI. Au total, 32 personnes atteintes de MCI et 43 personnes âgées sans trouble cognitif ont participé à l’étude. Cinq évaluations ont été réalisées, comme un test de rappel d’histoire, un test de répétition de phrases sans sens, et une échelle de dépression gériatrique, évaluant les performances linguistiques et le fonctionnement cognitif global. Tous ces tests ont été administrés individuellement, avec un temps de réalisation suffisant pour chaque participant.

L’analyse des données révèlent des différences significatives entre les deux groupes. Ces résultats indiquent donc que les tests utilisés permettent de distinguer tôt les personnes atteintes de MCI des sujets sains. Par ailleurs, parmi l’ensemble des évaluations, le test de rappel d’histoire présente la meilleure performance diagnostique avec une sensibilité et une spécificité élevée.

L’étude montre que les changements linguistiques précèdent la détérioration cognitive plus globale. Elle souligne ainsi l’intérêt d’intégrer des tests standardisés du langage dans les protocoles de dépistage du MCI pour améliorer les pratiques actuelles.

/ Ce qu’il faut retenir

1️⃣ Avec le vieillissement, les neurones perdent progressivement leur capacité à renouveler et éliminer leurs protéines, favorisant leur accumulation et pouvant contribuer au déclin cognitif et aux maladies comme Alzheimer.

2️⃣ Les allèles du gène APOE ε3 et ε4, expliquent une très large proportion des cas de maladie d’Alzheimer et près de la moitié des maladies neurocognitives, soulignant leur rôle majeur dans le risque et la prévention.

3️⃣Des tests simples du langage permettent de repérer précocement les personnes présentant un trouble cognitif léger, avant l’apparition de déficits cognitifs plus globaux.

/ Rendez-vous dimanche prochain !

Ces trois études montrent que le vieillissement du cerveau et le déclin cognitif reposent sur des mécanismes multiples, l’accumulation progressive des protéines dans les neurones, et l’influence majeure de facteurs génétiques comme le gène APOE, jusqu’aux premiers signes cliniques perceptibles dans le langage. En comprenant mieux ces processus, la recherche ouvre des perspectives essentielles pour améliorer le diagnostic, la prévention et le développement de nouvelles approches thérapeutiques face à la maladie d’Alzheimer et aux maladies neurocognitives.

Nous vous donnons rendez-vous dimanche prochain pour un nouvel épisode de la Minute Cerveau & Recherche et pour continuer à suivre ensemble les avancées de la science sur le cerveau.


Télécharger
Partager sur :

/ Vous aimerez aussi

Newsletter

Je souhaite recevoir toutes les dernières actualités