Maladie d’Alzheimer : et si cela provenait de notre intestin ?

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Plusieurs équipes de recherche se penchent sur l’implication de notre intestin dans le développement de la maladie d’Alzheimer. Cette hypothèse d’un déséquilibre intestinal consiste à étudier les bactéries qui influent sur notre flore intestinale ou microbiote, afin d’identifier les bactéries qui permettraient de ralentir la formation de plaques amyloïdes responsables de la survenue d’Alzheimer.

 © Peter Schreiber, Adobe

/ Surveiller son système digestif intestinal pour prévenir Alzheimer

La présence de protéines amyloïdes dans le système digestif gastro-intestinal de patients atteints de la maladie d’Alzheimer a été démontrée dans de multiples travaux de recherche. Le colon a été identifié comme la zone touchée la plus précocement par les dépôts de protéines amyloïdes. Toutefois, les causes et conséquences de la présence de la protéine dans le système périphérique ne sont pas encore comprises. Il est important de préciser qu’il existe des interactions entre le système digestif et le système nerveux central. En effet, le microbiote intestinal (ensemble des micro-organismes vivants colonisant notre intestin) pourrait influencer le développement de maladies neurologiques et psychiatriques.

/ La protéine amyloïde présente dans l’intestin se propage dans le cerveau

Afin de mieux comprendre ce phénomène, une équipe de recherche a testé l’effet de l’administration de la protéine amyloïde dans le système digestif de souris saines. Deux groupes de souris saines ont été comparés pour l’étude : un groupe recevant la protéine amyloïde et un groupe recevant une solution saline sans protéine amyloïde. L’utilisation de marqueurs fluorescents, pour détecter la protéine, a permis de démontrer que les protéines amyloïdes administrées dans l’intestin se sont propagées localement mais également dans le cerveau.

/ Le risque à long-terme est le développement possible d’une maladie d’Alzheimer

Dans un délai d’un an après l’administration de la protéine amyloïde, les animaux présentaient des troubles du comportement, de la mémoire de travail et de la mémoire à court terme. L’équipe de recherche a également décelé des perturbations des fonctions digestives, en particulier la mobilité et les contractions de l’intestin. Cette étude indique que lorsque la protéine amyloïde est présente dans le système intestinal, cette dernière peut se propager et provoquer des symptômes de la maladie d’Alzheimer. Ces données sont encourageantes pour développer de nouvelles pistes thérapeutiques.

Source : Intra-gastrointestinal amyloid-β1–42 oligomers perturb enteric function and induce Alzheimer’s disease pathology. J Physiol, 2020

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