Les dates clés de la recherche sur la maladie d’Alzheimer

Quelles sont les avancées majeures de la recherche sur Alzheimer depuis la découverte de cette maladie, en 1907 ? A l’occasion de la Journée Mondiale Alzheimer, la Fondation Alzheimer vous propose un retour dans le temps pour mieux comprendre son action de financement de la recherche et les découvertes des chercheurs.

Découverte de la maladie d’Alzheimer en 1907 par le Dr Aloïs Alzheimer :

  • 1907 : première description de la maladie par Aloïs Alzheimer, chez une de ses patientes atteinte de démence, Mme Auguste D. avec l’identification dans le cerveau de deux lésions associées à la maladie : les plaques séniles (dépôts extra cellulaires) et les dégénérescences neurofibrillaires (lésions intracellulaires) provoquant la mort des neurones.

  • 1984 : identification du composant biochimique majeur des plaques séniles : le peptide amyloïde.

  • 1985 : identification du composant biochimique majeur à l’origine des dégénérescences neurofibrillaires : la protéine Tau.

  • 1991 : première hypothèse sur le mécanisme de survenue de la maladie d’Alzheimer émise grâce à l’étude des formes rares héréditaires de la maladie : l’accumulation de peptide amyloïde dans le cerveau serait à l’origine de l’apparition d’anomalie de la protéine Tau entraînant une destruction des neurones.

  • 1993 : découverte du premier facteur de susceptibilité génétique favorisant la survenue d’une maladie d’Alzheimer sporadique, la forme 4 du gène de l’apolipoprotéine E.

  • 1999 : première démonstration, chez la souris de la possibilité de diminuer l’accumulation de plaques séniles par l’immunisation contre le peptide amyloïde.

Lancement du Plan National Alzheimer et création de la Fondation Alzheimer :

2008

Lancement du Plan National Alzheimer 2008 – 2012 par le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, et création de la Fondation Alzheimer. Avec 200 millions d’euros dédiés à la recherche, d’importants programmes scientifiques ont pu être financés. On peut citer :

  • 2009 : Lancement d’un programme d’analyse génomique (IGAP), qui a permis l’identification, en quelques mois de 2 nouveaux gènes. En moins de 3 ans, ce consortium international, coordonné par l’équipe du Pr Philippe Amouyel, a découvert plus de nouveaux gènes de la maladie d’Alzheimer qu’au cours des 20 années précédentes : une étape majeure dans la connaissance de la maladie.

  • 2009 : lancement de la programmation conjointe européenne pour combattre les maladies neurodégénératives et en particulier la maladie d’Alzheimer : Joint Programming to combat neurodegenerative diseases and Alzheimer’s in particular (JPND) pour faciliter les collaborations entre pays européens, réduire la fragmentation des financements et mettre en commun des fonds nationaux de recherche orientés vers un même objectif à l’échelon européen. Cette action européenne regroupe aujourd’hui 30 pays. Depuis 2011, ce sont 71 projets financés pour une enveloppe de 142M€.


  • 2009 – 2011 : Financement de 10 projets de recherche sur les modèles expérimentaux de la maladie d’Alzheimer. Un des problèmes majeurs dans la compréhension de cette maladie est de disposer de modèles expérimentaux capables de refléter partiellement ou totalement les différents aspects des mécanismes de la maladie et de sa physiopathologie. Les projets financés ont concerné la mise au point de nouveaux modèles expérimentaux. Comme par exemple le projet de Philippe HANTRAYE (MIRCen – Fontenay aux Roses) qui portait sur la caractérisation de nouveaux modèles de tauopathies chez le primate infra-humain par sur-expression des formes sauvage et mutée de Tau et mise en œuvre pour la validation de nouveaux biomarqueurs biochimiques et d’imagerie.

  • 2009 – 2014 : Financement de 31 projets de recherche sur les approches en sciences humaines et sociales( SHS), c’est-à-dire sociologie, anthropologie, démographie, épidémiologie, économie, psychologie, philosophie, droit et science politique… En effet, si la maladie d’Alzheimer est un formidable défi pour les sciences biomédicales, elle l’est également pour les SHS. Ainsi, les projets financés ont concerné : l’analyse des prises en charge et /ou de l’accompagnement des malades et de leurs proches aidants, la comparaison des pratiques ainsi que la prise en compte le point de vue des personnes atteintes, des perceptions des proches et des professionnels. A noter par exemple, les travaux de Séverine SAMSON (Laboratoire de Neurosciences Fonctionnelles et Pathologies Lille) qui confirme que les interventions non-médicamenteuses telles que la musique ont un effet positif sur l’humeur et le comportement des patients.

  • 2010 : Outre le financement de projets de recherche, il est indispensable d’augmenter la masse critique de chercheurs travaillant en France sur la maladie d’Alzheimer et les maladies apparentées. Dans cette perspective, entre 2010 et 2013, le retour en France de 8 jeunes chercheurs a été financés ainsi que la création de deux équipes innovantes. Plusieurs d’entre eux sont aujourd’hui mènent aujourd’hui une carrière brillante dans un laboratoire français, comme Emmanuel NIVET qui dirige une équipe de recherche sur Cellules souches et neurodégénération (Institut de Neurophysiologie, Marseille) ou Cécilia SAMIERI qui mène des travaux sur Microbiote et Alzheimer (INSERM U 1219, Bordeaux).

  • 2011 :
    • Mise en place du Centre d’Acquisition et de Traitement des Images (CATI). Il s’agit de standardiser les protocoles d’imagerie cérébrale (IRM, PET scan) et d’en centraliser l’analyse. Quel que soit le lieu en France et la machine, les images sont réalisées et traitées avec les mêmes logiciels, et les mêmes paramètres. Cette plateforme constitue un outil majeur pour la recherche française.
    • Organisation à Paris, du 16 au 21 juillet 2011, de l’International Conference on Alzheimer’s Disease pour la 1ère fois en France. Ce congrès international regroupe les chercheurs et médecin du monde entier travaillant sur la maladie d’Alzheimer. Avec plus de 5 600 participants venus du monde entier, l’édition 2011 a été un véritable succès !

  • 2012 : Création de la cohorte Memento. Plus de 2 300 participants qui ont consulté pour des troubles mnésiques et/ou exécutifs sont suivis tous les 6 mois pendant 5 ans, afin de mieux connaitre l’histoire naturelle et de la maladie et de mettre en évidence des facteurs de risque de l’évolution de leurs troubles. Elle représente une base de données unique mise à la disposition de la communauté scientifique et médicale pour des travaux de recherche sur toutes les dimensions: physiologie, neuropsychologie, imagerie cérébrale, aspects sociaux de la maladie. La cohorte Memento a été initiée et financée par la Fondation Alzheimer.

Depuis 2015 et grâce à ses fonds propres, la Fondation Alzheimer continue à financer des projets innovants de recherche sur la maladie d’Alzheimer et les maladies apparentées :

  • 2015 : la Fondation Alzheimer finance chaque année, sur ces fonds propres, des projets de recherche innovants.

  • 2016 : création des Prix Joël Ménard destinés à encourager et récompenser chaque année la carrière 3 jeunes chercheurs de moins de 40 ans qui consacrent leurs travaux de recherche clinique, fondamentale ou en sciences humaines et sociales à la maladie d’Alzheimer.

  • 2018 : parution du livre « Le Guide Anti-Alzheimer, les secrets d’un cerveau en pleine forme » par la Professeur Philippe Amouyel.

  • 2019 : la Fondation Alzheimer renouvelle son soutien aux jeunes chercheurs et finance, en partenariat avec la Fondation de France, deux allocations Jeunes chercheurs qui rentrent dans un laboratoire français après une expérience post-doctorale à l’étranger.
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