Le lithium, un allié contre la maladie d’Alzheimer ?

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Administrées chez des souris génétiquement atteintes de maladie d’Alzheimer, des micro-doses de lithium ont permis de diminuer, à un stade tardif de la maladie, le nombre de plaques amyloïdes responsables de lésions dans le cerveau.

/ Un métal aux multiples propriétés

Élément chimique numéro 3 dans le tableau périodique des éléments, le lithium est un métal alcalin utilisé en médecine pour ses propriétés neuroactives. Il est principalement prescrit en psychiatrie dans les troubles de l’humeur pour soigner un trouble bipolaire de type maniaco-dépressif. Cependant, plusieurs études ont montré que les personnes traitées par ce médicament développaient moins de démence, comme la maladie d’Alzheimer, par rapport à la moyenne.

C’est pourquoi une équipe de chercheurs canadiens s’est penchée sur ce sujet et a voulu expérimenter chez des souris atteintes de maladie d’Alzheimer un traitement par lithium pour constater son impact chez l’animal. Dans une première étude, ils avaient montré qu’à un stade précoce, avant l’apparition des plaques amyloïdes, des micro-doses de lithium permettaient de prévenir l’apparition du déclin cognitif. Fort de ce succès, une deuxième étude a suivi mais cette fois-ci à un stade tardif de la maladie, lorsque les plaques amyloïdes sont déjà présentes.

/ Diminution des plaques amyloïdes et de l’inflammation

Quatre groupes de souris ont été choisis dans le protocole d’étude : des souris saines et des souris génétiquement atteintes de la maladie d’Alzheimer qui ont reçues par voie rectale, soit une capsule micro-dosée en lithium, soit une capsule placebo. Après trois mois de traitement, les souris malades ayant reçu du lithium avaient une aussi bonne mémoire de reconnaissance que les souris saines contrairement aux souris malades sous placebo dont la mémoire était altérée. L’analyse du cerveau des souris a permis ensuite de mettre en évidence un effet protecteur du lithium contre la raréfaction de neurotransmetteurs cholinergiques de l’hippocampe observée dans la maladie d’Alzheimer. De plus, le traitement au lithium réduisait significativement la production de molécules pro-inflammatoire dans le cerveau. Enfin, le lithium a eu également un effet sur les plaques amyloïdes en détruisant les agrégats cérébraux mais aussi en diminuant la quantité de protéines A-béta42 dans le sang responsable de la formation de ces plaques.

/ Des résultats encore limités

Comme pour toutes les études réalisées chez la souris, cette découverte est à analyser avec précaution. Même si les effets du lithium sur le cerveau des rongeurs sont scientifiquement indéniables, leur application à l’Homme ne peut être extrapolé car le mécanisme de développement la maladie d’Alzheimer chez ces souris est génétiquement programmé contrairement aux multiples facteurs environnementaux qui entrent en jeu chez l’Homme. De plus, les effets observés ne concernent qu’une seule des deux lésions présentes dans la maladie d’Alzheimer, les plaques amyloïdes mais pas la dégénérescence neurofibrillaire. Néanmoins, la recherche continue d’avancer et ouvre chaque jour de nouvelles voies pour venir à bout un jour des démences et de la maladie d’Alzheimer.

Source : Journal of Alzheimer’s Disease 73 (2020) 723-739

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