Lancé en 2009 avec le soutien de la Commission européenne, le JPND (Joint Programme – Neurodegenerative Disease Research) reste aujourd’hui la plus grande initiative mondiale de recherche collaborative dédiée aux maladies neurodégénératives, dont la maladie d’Alzheimer.

Son objectif est simple mais ambitieux :  mieux comprendre ces maladies, améliorer leur diagnostic et développer de nouvelles solutions pour les patients.

A une époque où la recherche européenne était encore très fragmentée, le JPND a permis de faire émerger un nouveau modèle : une coopération étroite entre les pays  allimentée par un financement public pour répondre collectivement aux grands enjeux de santé publique des maladies neurodégénératives.

/ Une ambition scientifique tournée vers les patients

Dès sa création, le JPND a cherché à renforcer la collaboration entre pays en soutenant des projets de recherche à grande échelle.

Ces travaux portent notamment sur :

  • l’origine des maladies neurodégénératives
  • leurs mécanismes biologiques
  • le développement de traitements
  • l’amélioration des parcours de soins
  • l’impact de la maladie sur la vie des patients et de leurs proches

Au-delà de la recherche scientifique, l’objectif est clair : accélérer les découvertes pour améliorer concrètement la vie des personnes concernées et de leurs familles.

/ Un moteur de la coopération européenne

Le JPND rassemble 30 pays en Europe et à l’international, autour d’un objectif commun : mieux coordonner les efforts de recherche et éviter les financements parallèles redondants.

Depuis 2011, plus de 200 millions d’euros ont été investis dans des appels à projets transnationaux, couvrant :

  • la recherche fondamentale
  • la recherche clinique
  • la recherche en santé et en soins
  • les sciences humaines et sociales

Ce modèle favorise des collaborations inédites entre chercheurs, disciplines et pays.

/ Une stratégie consolidée pour répondre aux défis actuels

La Stratégie de recherche et d’innovation du JPND  intègre les dernières avancées scientifiques, notamment dans le domaine de l’analyse des données et de la prévention.

Cette stratégie repose sur cinq grandes priorités :

  1. Comprendre l’origine des maladies neurodégénératives,
  2. Etudier leurs mécanismes,
  3. Améliorer leur diagnostic,
  4. Développer des traitements et des stratégies de préventions,
  5. Mieux accompagner les patients et leurs proches

Cette approche globale permet de mieux relier recherche, soins et réalités du terrain.

/ Faire travailler ensemble les chercheurs européens

L’un des grands succès du JPND est d’avoir créé une véritable communauté scientifique à l’échelle européenne.

Comme le souligne le professeur Philippe Amouyel, président du JPND : « L’un des principaux succès visibles du JPND est d’avoir fait travailler des centaines de scientifiques en Europe qui, très probablement, n’auraient pas collaboré sans les appels à projets du JPND. Ces appels à projets transnationaux du JPND ont été extrêmement suivis. Ils ont suscité de nouvelles collaborations et des approches de recherche innovantes. »

Au-delà des financements, ce programme a joué un rôle clé en mettant en relation les équipes et en favorisant l’émergence d’idées nouvelles.

/ Une recherche centrée sur les patients

Depuis 2015, le JPND fait participer systématiquement les patients et le grand public dans les projets qu’il soutient.

Cette implication des patients et du grand public dans la recherche sur les maladies qui les touchent, appelée en anglais “Patient and Public Involvement” (PPI), vise à construire les programmes avec l’avis des personnes concernées, une véritable science participative.

Concrètement, cela permet :

  • de mieux prendre en compte les besoins réels des patients et des familles
  • d’améliorer la pertinence des projets
  • de rapprocher la recherche des enjeux du quotidien

/ Des outils pour structurer la recherche dans la durée

Plusieurs financements européens ont permis de renforcer et structurer le JPND au fil des années, notamment dans le cadre d’Horizon 2020.

Ils ont contribué à :

  • consolider la coopération entre pays
  • structurer les programmes de recherche
  • démontrer l’efficacité de ces collaborations de long terme

/ Un rôle clé dans la stratégie européenne sur le cerveau

Le JPND s’inscrit dans un écosystème plus large d’initiatives européennes dédiées à la santé cérébrale, aux côtés notamment de NEURON, EBRAINS ou encore du European Brain Council.

En contribuant à coordonner ces efforts, elles participent à la construction d’une véritable stratégie européenne pour le cerveau.

/ Un héritage qui se poursuit aujourd’hui

Lancé en janvier 2026, le Partenariat européen pour la santé cérébrale s’inscrit directement dans la continuité directe du JPND et de ces initiatives.

Au-delà d’un simple programme, le JPND a posé les bases d’une coopération durable entre pays, chercheurs et acteurs de la santé.

Derrière cette dynamique, l’objectif reste inchangé : mieux comprendre les maladies neurodégénératives pour accélérer la recherche au service des patients et de leurs proches.