L’atrophie de l’hippocampe et de l’amygdale comme marqueur précoce d’Alzheimer

L’analyse de plus de 4000 IRM de cerveaux de patients sains et à différents stades de la maladie a permis d’élaborer une cartographie des zones les plus touchées par la maladie d’Alzheimer en fonction de l’âge. Les régions de la mémoire et des émotions sont les premières concernées.

/ UNE MODIFICATION DU CERVEAU

Au cours de la vie d’un être humain, plus l’âge avance et plus le corps vieillit. Il en est de même pour le cerveau qui va voir son volume diminuer petit à petit sous l’effet du vieillissement. Mais chez les patients atteints de la maladie d’Alzheimer, lorsque l’on réalise une imagerie du cerveau, on remarque une diminution de la taille de certaines structures dans les deux hémisphères supérieurs à la normale. Ces zones anormalement touchées sont l’hippocampe, le centre de la mémoire et l’amygdale, le centre des émotions. Comme la maladie se développe progressivement sur plusieurs dizaines d’années avant les premiers symptômes, si cette atrophie pathologique était détectée tôt, elle pourrait constituer un marqueur précoce de maladie d’Alzheimer. Cependant, il est très compliqué de suivre un grand nombre de patients sur 20 ou 30 ans ne sachant pas s’ils vont déclarer ou non la maladie. Mais grâce à l’analyse de 4329 IRM de personnes à différents âges et stades de la maladie, une équipe de chercheurs franco-espagnole a réussi à modéliser l’évolution pathologique du cerveau dans le temps.

/ PREMIERS SIGNES DÈS 40 ANS

Les données d’imagerie ont été classées en fonction de l’état du patient concerné selon qu’il soit sans trouble cognitif, avec un déficit cognitif léger (DCL) ou avec des troubles caractéristiques de la maladie d’Alzheimer (MA). Ensuite les volumes d’une dizaine de zones du cerveau ont été systématiquement mesurés dans chaque groupe et répertoriés en fonction de l’âge de la personne au moment de l’IRM. Comme attendu, toutes les parties du cerveau vieillissent avec l’âge mais 3 zones ont particulièrement attiré l’attention des chercheurs : l’hippocampe, l’amygdale et les ventricules latéraux. Dans ces trois secteurs, il existe une accélération du vieillissement dans le groupe DCL/MA par rapport au groupe sans trouble entre 40 et 45 ans. Et si l’on regarde uniquement les données des patients atteints de la maladie d’Alzheimer, le processus pathologique de vieillissement débute vers 37 ans pour l’hippocampe, vers 39 ans pour les ventricules latéraux, et vers 40 ans pour l’amygdale, sachant qu’à partir de 65 ans, l’écart s’estompe avec les non malades pour les ventricules latéraux.

/ DÉTECTER PRÉCOCEMMENT

Ces résultats suggèrent qu’à partir de l’âge de 40 ans, il serait possible grâce à une IRM de visualiser les premiers effets de la maladie d’Alzheimer sur le cerveau. Il s’agit donc d’un âge charnière où les mesures de prévention des facteurs de risque la maladie sont particulièrement bénéfiques pour repousser le plus tard possible la survenue des premiers symptômes. Pour confirmer ces hypothèses, il est nécessaire de réaliser des études complémentaires avec un suivi de patients sur le long terme pour évaluer si agir de manière préventive sur ces facteurs de risque à 40 ans permettrait ou non de ralentir le vieillissement anormal de l’hippocampe et de l’amygdale et donc l’apparition de la maladie d’Alzheimer.

Source : Coupé et al. Lifespan Changes of the Human Brain In Alzheimer’s Disease. Sci Rep. 2019 Mar 8;9(1):3998. doi: 10.1038/s41598-019-39809-8.

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