L’arrivée de l’été donne souvent envie de changer d’air, de retrouver sa famille ou de partir quelques jours en vacances. Lorsqu’une personne est atteinte de la maladie d’Alzheimer ou d’une maladie neurocognitive, cette perspective peut cependant soulever de nombreuses questions.
Peut-on encore voyager ? Faut-il éviter les déplacements ? Comment limiter les risques de désorientationDifficulté à se situer dans l’espace et le temps (heure, date, saison et lieu) et à avoir connaissance de sa propre identité… ?
S’il n’existe pas de réponse unique, les spécialistes s’accordent sur un point : avec une préparation adaptée, il est souvent possible de continuer à profiter de moments de détente et de découverte.

/ Voyager reste possible
La maladie d’Alzheimer n’empêche pas systématiquement les déplacements. Tout dépend notamment du stade de la maladie, de l’état de santé général de la personne et de sa capacité à s’adapter à un nouvel environnement.
Certaines personnes apprécient toujours les voyages et peuvent vivre très positivement un séjour en famille ou quelques jours dans un lieu familier. D’autres peuvent être davantage perturbées par les changements d’habitudes ou la fatigue liée au trajet.
Avant de partir, il peut être utile de s’interroger sur les capacités actuelles de la personne, ses habitudes et ses éventuelles difficultés d’orientation.
/ Anticiper pour limiter le stress
Les changements de repères constituent souvent l’une des principales difficultés rencontrées lors d’un voyage.
Pour réduire l’anxiétéL’anxiété est un sentiment de peur inexpliquée ou illogique faisant apparaître des inquiétudes sur des sujets qui ne préoccupaient pas vraiment auparavant,…, il est recommandé de privilégier des destinations connues ou des séjours relativement simples à organiser. Les voyages comportant de nombreuses étapes, des correspondances multiples ou des changements fréquents d’hébergement peuvent être plus difficiles à vivre.
Dans la mesure du possible, il est préférable de conserver certains repères du quotidien : horaires des repas, heures de coucher ou activités habituelles.
/ Préparer les documents essentiels
Avant le départ, il est important de rassembler :
- les ordonnances en cours de validité ;
- les traitements nécessaires pour toute la durée du séjour ;
- les coordonnées du médecin traitant ;
- les informations médicales importantes ;
- les coordonnées des proches à contacter en cas d’urgence.
Pour les déplacements à l’étranger, il peut également être utile de vérifier les modalités de prise en charge médicale sur place et les garanties de l’assurance voyage.
/ Prévenir les risques de désorientation
Les lieux inconnus, les gares, les aéroports ou les zones touristiques très fréquentées peuvent être déstabilisants.
Plusieurs précautions simples peuvent être mises en place :
- conserver une photo récente de la personne ;
- noter ses coordonnées dans son portefeuille ou sur une carte discrète ;
- prendre une photo de sa tenue chaque matin ;
- convenir de points de rendez-vous facilement identifiables ;
- utiliser, lorsque cela est pertinent, des dispositifs de géolocalisation.
Les associations spécialisées recommandent également de rester particulièrement vigilant lors des temps d’attente dans les transports, périodes durant lesquelles le risque d’égarement peut être plus important.
/ Adapter le rythme du séjour
Les vacances ne doivent pas devenir une source d’épuisement.
Il peut être préférable de prévoir :
- des journées moins chargées ;
- des temps de repos réguliers ;
- des activités familières ;
- des trajets raisonnables.
L’objectif n’est pas de reproduire à tout prix les vacances d’autrefois, mais de construire un séjour adapté aux besoins actuels de la personne.
/ Ne pas oublier les aidants
Les vacances représentent également un enjeu pour les proches aidants.
Organiser un voyage, gérer les déplacements ou anticiper les imprévus peut être source de fatigue. Il est donc important de prévoir des moments de répit et d’accepter que certaines activités puissent parfois être simplifiées ou abandonnées.
Les vacances réussies ne sont pas nécessairement celles où l’on fait le plus de choses, mais souvent celles où chacun peut profiter d’un environnement apaisant et sécurisant.
/ À retenir
La maladie d’Alzheimer ne signifie pas forcément la fin des voyages. Avec une préparation adaptée, des repères préservés et un rythme ajusté, il est souvent possible de continuer à partager des moments précieux en famille. L’essentiel reste d’adapter le séjour aux capacités et aux besoins de la personne malade, sans chercher à reproduire exactement les habitudes du passé.
Sources :
– Alzheimer’s Society (Royaume-Uni)
– Alzheimer Society of Canada
– Organisation mondiale de la Santé (OMS)

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