Minute Cerveau & Recherche – Episode 38

Quels facteurs pourraient influencer le risque de troubles cognitifs, bien avant l’apparition des premiers symptômes ? Cette semaine, dans la Minute Cerveau & Recherche, nous vous présentons deux études qui s’intéressent à des éléments liés à la santé générale, comme l’anémie et la vitamine D, et à leur association avec des biomarqueurs et des signes précoces des maladies neurocognitives, dont la maladie d’Alzheimer.

/ Les actualités de la semaine

Cette étude récemment publiée cherche à comprendre le lien entre l’anémie et le risque de maladie neurocognitive, dont lamaladie d’Alzheimer. L’anémie correspond à un taux trop faible d’hémoglobine, une protéineÉlément biologique composée de petites molécules, appelées acides aminés, présent dans les cellules de tous les êtres vivants et dont le rôle… du sang qui transporte l’oxygène dans tout notre organisme. Les chercheurs ont aussi savoir si ce manque d’hémoglobine est associé à des biomarqueurs sanguins liés à la maladie d’Alzheimer, à la souffrance des cellules nerveuses et à l’inflammation cérébrale.

L’étude a suivi des personnes âgées de 60 ans et plus en Suède pendant plusieurs années. Au départ, leur taux d’hémoglobine a été mesuré, puis leur santé cognitive a été suivie au fil du temps. Les équipes de recherche ont également mesuré trois biomarqueurs sanguins : p-tau217, associé à la maladie d’Alzheimer, NfL, lié à la souffrance des cellules nerveuses, et GFAP, associé à certains mécanismes inflammatoires du cerveau.

Les résultats montrent que les personnes anémiques présentaient des niveaux plus élevés de ces biomarqueurs. Elles avaient également un risque plus élevé de développer une maladie neurocognitive au cours du suivi. Ce risque était encore plus important chez les personnes ayant à la fois une anémie et des biomarqueurs élevés, ce qui suggère une possible interaction entre un faible taux d’hémoglobine et les mécanismes biologiques impliqués dans les maladies neurocognitives.

En conclusion, l’anémie est associée à un risque plus élevé de démence et à des niveaux plus élevés de biomarqueurs liés aux maladies neurocognitives comme la maladie d’Alzheimer. Ces résultats ne permettent pas d’affirmer que l’anémie cause directement la maladie, mais ils soulignent l’importance de mieux comprendre son rôle potentiel dans le vieillissement cérébral.

Un faible taux de vitamine D chez les personnes âgées est associé à un risque plus élevé de maladies neurocognitives. Mais on ne sait pas si le déficit en vitamine D plus tôt dans la vie peut influencer les signes précoces de ces maladies dans le cerveau.

Cette étude internationale examine ce lien chez des adultes encore sans trouble cognitifDésigne un groupe de symptômes qui touchent le cerveau et qui altèrent nos capacités intellectuelles, à savoir la mémoire, le langage, l’apprentissage…. Pour se faire, les chercheurs ont mesuré le niveau de la vitamine D dans le sang à l’âge adulte (autour de 40 ans) et ont ensuite observé leur cerveau environ 16 ans plus tard, grâce à une technique de neuroimagerie appelée PET scan. Cette méthode permet de visualiser avec précision certaines protéines dans le cerveau. Ils ont notamment étudié deux protéines importantes dans la maladie d’Alzheimer : les protéines tau et amyloïde. Plus précisément, la protéine tau est associée aux lésions des neurones, tandis que l’amyloïde forme des dépôts caractéristiques dans le cerveau. Les chercheurs ont pris en compte d’autres facteurs, comme l’âge, la santé générale et le mode de vie pour être affiner leurs analyses.

Les résultats de ces travaux montrent des niveaux plus élevés de vitamine D étaient associés à une plus faible accumulation  de protéine tauProtéine située à l’intérieur des neurones et qui permet de maintenir, de stabiliser le squelette de celui-ci. dans le cerveau. En revanche, aucune association n’a été observée avec l’amyloïde. Cela suggère que la vitamine D pourrait être liée à certains mécanismes précoces de la maladie.

Cependant, cette étude met en évidence une association et ne permet pas de conclure à un effet protecteur direct de la vitamine D.  Les auteurs indiquent néanmoins qu’un niveau suffisant de vitamine D à l’âge adulte pourrait réduire certains signes précoces de maladies neurocognitives.

/ En bref : ce qu’il faut retenir

1️⃣ L’anémie est associée à un risque plus élevé de maladies neurocognitives et à des niveaux plus élevés de biomarqueurs liés à la maladie d’Alzheimer.

2️⃣ Des niveaux plus élevés de vitamine D à l’âge adulte sont associés à une plus faible accumulation de protéine tau dans le cerveau, sans lien observé avec l’amyloïde.

/ Rendez-vous la semaine prochaine

Ces travaux mettent en évidence des liens entre certains facteurs de santé, comme le taux d’hémoglobine ou de vitamine D, et des marqueurs biologiques ou précoces des maladies neurocognitives.

Ils ne permettent pas d’établir de lien de cause à effet, mais soulignent l’intérêt de mieux comprendre le rôle de ces facteurs dans le vieillissement cérébral.

Nous vous donnons rendez-vous dimanche prochain pour un nouvel épisode de la Minute Cerveau & Recherche et pour continuer à suivre ensemble les avancées de la science sur le cerveau.

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