Alzheimer : accompagner un proche dès les premiers signes
Un oubli inhabituel, une réaction qui surprend, une conversation qui devient plus difficile, un proche qui ne semble pas s’inquiéter alors que, de votre côté, les questions commencent à s’accumuler … Lorsqu’apparaissent les premiers troubles cognitifs, les familles ne disposent pas toujours immédiatement de réponses. Bien avant qu’un diagnostic soit posé, il peut y avoir une période de doute : est-ce simplement l’âge, de la fatigue, une période difficile ? Faut-il s’inquiéter ? Comment en parler sans blesser ? Vers qui se tourner ?
À l’occasion de la Journée Mondiale Alzheimer 2026, la Fondation Alzheimer consacre le mois de septembre à ce moment souvent invisible : celui où un proche commence à changer et où l’entourage essaie de comprendre ce qui se passe.

/ Quand les premiers changements interrogent
Les maladies neurocognitives ne commencent pas toutes de la même manière et tous les troubles de mémoire ne sont pas liés à la maladie d’Alzheimer. Certains changements deviennent néanmoins importants à observer lorsqu’ils sont nouveaux, répétés, persistants ou qu’ils ont un retentissement sur la vie quotidienne.
Oublis répétés, difficultés à réaliser une tâche familière, problèmes de langage, désorientationDifficulté à se situer dans l’espace et le temps (heure, date, saison et lieu) et à avoir connaissance de sa propre identité…, perte d’initiative ou changements inhabituels de comportement peuvent amener les proches à s’interroger. Ils ne suffisent pas, à eux seuls, à poser un diagnostic. Ils peuvent en revanche justifier d’en parler avec un professionnel de santé.
/ Quand on ne sait plus comment en parler
Pour les proches, l’une des difficultés est parfois moins de voir les changements que de trouver les mots pour les aborder. La personne concernée peut minimiser ses difficultés, les expliquer autrement ou refuser d’en parler. Et l’entourage peut avoir peur d’inquiéter, de vexer ou de provoquer une confrontation.
Il n’existe pas de phrase parfaite. Choisir un moment calme, parler de ce que l’on observe sans jugement et proposer une consultation comme une démarche permettant de faire le point peuvent aider à ouvrir le dialogue.
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/ Déni ou anosognosie : ce n’est pas la même chose
« Je vais très bien. » « Tu t’inquiètes pour rien. » Ces phrases peuvent être difficiles à entendre lorsque l’entourage observe, lui, de véritables changements.
Dans certaines situations, la personne perçoit au moins en partie ses difficultés mais peine à les reconnaître : on peut parler de déni. Dans d’autres, elle ne peut pas avoir conscience de ses troubles en raison de leur origine neurologique : il peut s’agir d’anosognosieIl s’agit du fait qu’une personne ne se rende pas compte de sa maladie et des symptômes de celle-ci, comme c’est souvent…. Comprendre cette distinction ne résout pas tout, mais permet souvent d’éviter de réduire la situation à de la mauvaise volonté et d’adapter la manière d’accompagner.

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/ Pourquoi certaines réactions nous déstabilisent
IrritabilitéComportement d’une personne qui se met rapidement en colère et qui fait preuve d’impatience., inquiétude, méfiance, refus ou perte d’initiative peuvent parfois être vécus comme une opposition ou un changement de personnalité. Pourtant, un comportement inhabituel peut aussi traduire une émotion, une difficulté à comprendre une situation, une douleur, de la fatigue ou un besoin devenu plus difficile à exprimer.
Observer ce qui se passe avant et pendant la situation, simplifier l’environnement ou laisser davantage de temps peut parfois permettre de mieux comprendre ce qui déclenche la réaction. Un changement brutal ou très inhabituel doit en revanche être signalé à un professionnel de santé, car il peut avoir une autre cause.
À découvrir : Alzheimer : mieux comprendre les changements de comportement au quotidien
/ Le diagnostic est un parcours, pas un test unique
Face aux premiers troubles, on aimerait souvent obtenir une réponse immédiate. Pourtant, le diagnostic d’une maladie neurocognitive repose sur une démarche progressive. Le médecin cherche d’abord à comprendre l’histoire des troubles et à éliminer d’autres causes possibles, parfois traitables ou réversibles. Des évaluations cognitives, des analyses biologiques, une imagerie cérébrale et, selon les situations, d’autres examens peuvent ensuite être proposés.
Ce temps n’est pas du temps perdu : il est nécessaire pour éviter de conclure trop vite et orienter la personne vers l’accompagnement le plus adapté.
/ Ne pas rester seul avec ses questions
Le premier interlocuteur reste le médecin traitant. Il peut réaliser une première évaluation, rechercher des causes fréquentes et orienter si nécessaire vers une consultation mémoireConsultation permettant d’analyser les troubles de la mémoire qui auraient été repérés par exemple par le médecin généraliste. Celui-ci va alors confier… ou un spécialiste. D’autres structures et associations peuvent également informer, écouter et accompagner les familles au fil du parcours.
La Fondation Alzheimer met à disposition des informations accessibles et scientifiquement fiables pour aider chacun à mieux comprendre la maladie, le diagnostic, les comportements et les solutions d’accompagnement.
/ Comprendre aujourd’hui. Faire progresser la recherche pour demain.
Comprendre pourquoi une mémoire se fragilise, pourquoi certains comportements apparaissent, comment mieux repérer les maladies neurocognitives et comment les diagnostiquer plus précisément : ces questions sont aussi celles auxquelles la recherche tente de répondre chaque jour.
En soutenant la recherche, nous pouvons améliorer les connaissances, faire progresser le diagnostic, la prévention et les traitements, et donner aux personnes malades comme à leurs proches davantage de réponses pour l’avenir.




