Lorsqu’un malade présente des troubles cognitifs, il peut arriver qu’il les minimise, les nie ou refuse d’en parler. Pour l’entourage, ces réactions sont souvent difficiles à comprendre et peuvent être source d’inquiétude, voire de tension.
Pourquoi ne voit-il pas ce qui semble pourtant évident ? Est-ce qu’il refuse d’accepter la situation, ou ne se rend-il vraiment pas compte de ses difficultés ?
Ces deux situations existent. Elles peuvent se ressembler, mais elles ne relèvent pas des mêmes mécanismes. Les distinguer permet de mieux comprendre ce que vit votre proche malade… et d’adapter votre manière de l’accompagner.

/ Quand votre proche malade semble nier ses difficultés
Il peut arriver que le malade reconnaisse certains oublis, tout en les minimisant, ou qu’il refuse d’envisager qu’ils puissent être liés à une maladie. Dans ce cas, il peut s’agir d’un mécanisme de déni. Le déni est une manière de se protéger face à une réalité difficile à accepter. Il permet de mettre à distance l’inquiétude, la peur ou le sentiment de perte de contrôle.
Même si cela peut être déroutant, ce mécanisme est fréquent. Il peut évoluer avec le temps, notamment lorsque la personne se sent en confiance.
/ Quand votre proche malade ne semble pas avoir conscience de ses troubles
Dans d’autres situations, votre proche peut affirmer que tout va bien, sans percevoir les difficultés que vous observez. Il ne s’agit alors pas forcément d’un refus, mais d’une difficulté à prendre conscience de ses troubles. On parle d’anosognosieIl s’agit du fait qu’une personne ne se rende pas compte de sa maladie et des symptômes de celle-ci, comme c’est souvent….
Ce trouble neurologique est lié à des atteintes du cerveau. La personne ne « voit » pas ses difficultés, même si elles sont bien présentes. Pour les proches, cette situation peut être particulièrement déstabilisante. Vous pouvez avoir le sentiment de ne pas être compris, voire de ne pas être cru.
/ Des réactions qui peuvent sembler similaires
Dans les deux cas, certaines phrases peuvent revenir : « Je vais très bien », « Tu ne t’inquiètes pour rien », « Je n’ai aucun problème »
Ces réactions peuvent donner l’impression que le malade refuse d’entendre ce que vous lui dites.
Pourtant, la situation est différente. Dans le déni, le malade perçoit en partie ses difficultés, mais préfère ne pas les reconnaître. Dans l’anosognosie, il ne peut pas en avoir conscience.
/ Pourquoi cela change votre manière d’agir
Comprendre cette différence peut vous aider à ajuster votre approche.
Lorsque le malade est dans le déni, il est souvent possible d’ouvrir le dialogue progressivement, en instaurant un climat de confiance et en avançant par étapes.
En revanche, lorsqu’il s’agit d’anosognosie, insister ou chercher à convaincre peut générer de l’incompréhension ou de la frustration. Votre proche malade ne partage pas la même perception de la situation.
Dans ces cas-là, il peut être plus adapté de s’appuyer sur des professionnels de santé ou sur d’autres personnes de l’entourage.
/ Mieux comprendre pour mieux accompagner
Face à ces situations, il est normal de se sentir démuni. Voir le malade évoluer sans pouvoir toujours se faire comprendre peut être difficile. Faire la distinction entre déni et anosognosie ne résout pas tout, mais cela permet souvent de mieux comprendre les réactions de votre proche et d’éviter certaines incompréhensions.
Si vous vous reconnaissez dans ces situations, sachez que vous n’êtes pas seul. Des professionnels peuvent vous aider à y voir plus clair et à trouver des repères adaptés.
Pour aller plus loin, vous pouvez consulter notre article dédié à l’accompagnement d’un proche dans le déni :





