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Article rédigé le : 

Epidémiologie

 

Dr Carole Dufouil, Pr Philippe Amouyel

 

La maladie d’Alzheimer et les maladies apparentées (MA) sont des affections caractérisées par une détérioration progressive et inéluctable de multiples fonctions cognitives, suffisamment grave pour gêner la vie quotidienne de ceux qui en sont atteints, tant dans son versant social que professionnel. A ce titre, ces maladies ont un impact majeur sur la vie des patients, de leurs familles et de la société. Les études épidémiologiques ont permis de mettre en évidence la complexité de ces affections et d’identifier trois caractéristiques majeures ayant une influence directe sur leur distribution :

En 2015, le nombre total de cas de MA à travers le monde est estimé à 47, 5 millions, avec un nouveau cas diagnostiqué toutes les 4 secondes. D’ici à 2050, ce seront plus de 640 millions de cas qui seront diagnostiqués au total, dont la majorité survenant dans les pays en voie de développement.

Dans les pays développés, on estime que la prévalence de la maladie d’Alzheimer est de 5% après 65 ans. La prévalence et l’incidence de la maladie croissent de façon exponentielle avec l’âge avec une prévalence de plus de 30% après l’âge de 85 ans. En France, il n’existe pas d’étude nationale de prévalence ou d’incidence de la maladie et les estimations sur le nombre de personnes atteintes sont le résultat de projections mathématiques. Une publication récente a ainsi estimé le nombre de démence de tout type à au moins 980 000 en 2010 et ce nombre pourrait atteindre plus de 1 500 000 personnes en 2030 du fait de l’augmentation de l’espérance de vie attendue. Cependant, les différents régimes d’assurance maladie dénombrent seulement 420 808 personnes en ALD15 (Affection de longue durée maladie d’Alzheimer et autres démences) en 2014. Cette différence majeure entre ces deux estimations, retrouvée dans de nombreux pays, traduit en particulier les difficultés liées à la diffusion de la connaissance de la maladie ainsi qu’à la complexité de son diagnostic à des stades peu avancés. Les études en population ont montré que, chez les personnes de 65 ans et plus, l’espérance de vie, une fois le diagnostic posé, était en moyenne de 3 à 9 ans, certains patients pouvant survivre jusqu’à 20 ans. Le nombre d’années de vie perdues pour les sujets atteints de MA âgés de plus de 75 ans varie de 3 à 5 ans. La mortalité des patients atteints de MA est deux fois plus élevées que celle de la population générale.

Ces estimations pourraient toutefois être revues à la baisse à la lumière de résultats récents d’études anglaises, néerlandaises, suédoises et américaines qui suggèrent que la prévalence aurait diminué au cours de la dernière décennie. Ces variations séculaires des taux de prévalence et d’incidence sont à mettre en parallèle avec l’évolution des tendances des multiples déterminants de la MA (tableau 1).

Ces déterminants peuvent se classer en 4 grands groupes : les activités cognitives stimulantes, les facteurs sur le mode de vie (nutrition, activité physique), les facteurs de risque cardiovasculaires et les facteurs de risque psychologiques (anxiété, dépression). Un travail d’analyses de l’ensemble des publications (méta-analyse) sur ces facteurs a montré qu’un tiers des cas de maladie d’Alzheimer sont attribuables à des facteurs de risque modifiables et pourraient donc être évités si ces facteurs étaient « contrôlés ».

 

Les travaux sur les activités cognitives stimulantes suggèrent de façon très cohérente qu’un niveau d’études élevé est associé à un risque diminué de maladie d’Alzheimer. De même des professions plus stimulantes sur le plan intellectuel ou un âge tardif de départ à la retraite ont été associés à un risque diminué de maladie d’Alzheimer. L’hypothèse la plus souvent évoquée pour expliquer cet effet protecteur est celle de la réserve cognitive selon laquelle la susceptibilité à la pathologie et l’apparition de manifestations cliniques semblent retardés chez les personnes ayant des activités cérébrales plus intenses.

Toutes ces observations issues de l’épidémiologie tendent à montrer que les MA ne sont pas des conséquences inéluctables du vieillissement. Tous les nonagénaires ne développent pas de MA et les récentes évolutions des taux de prévalence montrent qu’il serait possible de changer la trajectoire de ces affections à défaut de pouvoir disposer, dans un délai rapide, de traitements à visée curative. Ainsi des projections en populations ont-elles permis de montrer que le fait de repousser l’âge de début de la MA de 5 ans permettrait de réduire de près de moitié sa prévalence à terme, compte tenu de la mortalité compétitive importante associée aux âges avancés de survenue.

 

 

 


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