Les plaques de protéineÉlément biologique composée de petites molécules, appelées acides aminés, présent dans les cellules de tous les êtres vivants et dont le rôle… bêta amyloïde sont l’une des principales caractéristiques de la maladie d’Alzheimer. Chez une personne en bonne santé, le cerveau dispose pourtant de mécanismes permettant d’éliminer une partie de ces dépôts. Pourquoi ce système de nettoyage devient-il moins efficace au cours de la maladie ?
Une équipe internationale de chercheurs apporte aujourd’hui un nouvel élément de réponse. Dans une étude publiée dans Nature Communications, ils ont identifié un mécanisme impliquant deux protéines, CD33 et la clusterine, qui pourrait empêcher les cellules immunitaires du cerveau d’éliminer correctement les plaques amyloïdesAccumulation de protéines Bêta-amyloïde dans le cerveau, qui, au lieu d’être éliminées naturellement par le corps, restent, se regroupent et forment des…. Cette découverte ouvre une nouvelle piste pour le développement de futurs traitements.

/ Les microglies, les « agents d’entretien » du cerveau
Le cerveau possède ses propres cellules immunitaires : les microglies. Leur rôle est essentiel puisqu’elles surveillent en permanence leur environnement afin d’éliminer les cellules endommagées, les agents infectieux mais aussi certaines protéines qui s’accumulent anormalement.
Parmi leurs missions figure notamment l’élimination des amas de protéine bêta amyloïde, grâce à un mécanisme appelé phagocytose. Les microglies entourent ces dépôts, les engloutissent puis les dégradent.
Chez les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, cette fonction de nettoyage semble toutefois devenir progressivement moins efficace, favorisant l’accumulation des plaques amyloïdes dans le cerveau.
/ Le rôle de la protéine CD33
Les chercheurs se sont intéressés à une protéine appelée CD33, présente à la surface des microglies. Les études génétiques avaient déjà montré que certaines variantes du gèneMorceau d’ADN qui contient les informations nécessaires pour produire une protéine ou un peptide. CD33 augmentent le risque de développer la maladie d’Alzheimer. Jusqu’à présent, les mécanismes expliquant cette association restaient cependant mal compris. L’équipe a étudié une forme particulière de cette protéine, appelée CD33M, produite en plus grande quantité chez certaines personnes en raison de leur patrimoine génétique.
/ Une interaction qui freine le nettoyage des plaques amyloïdes
Les chercheurs montrent que CD33M peut se fixer à une autre protéine, appelée clusterine, lorsque celle-ci est liée à des amas de protéine bêta amyloïde. Cette interaction déclenche alors un signal qui réduit la capacité des microglies à réaliser la phagocytose.
Autrement dit, les cellules immunitaires continuent de reconnaître les dépôts amyloïdes, mais elles deviennent moins efficaces pour les engloutir et les éliminer. Au fil du temps, cette diminution du nettoyage pourrait contribuer à l’accumulation progressive des plaques amyloïdes observée dans la maladie d’Alzheimer.
/ Des conséquences observées chez l’être humain
Les chercheurs ont ensuite confronté leurs résultats à des données génétiques et cliniques provenant de plusieurs cohortes de patients. Leurs analyses montrent que les personnes présentant une production plus importante de CD33M présentent également :
- une charge amyloïde plus élevée dans le cerveau ;
- un déclin cognitif plus marqué ;
- un risque accru de développer la maladie d’Alzheimer.
Ces observations renforcent l’hypothèse selon laquelle ce mécanisme participe réellement à l’évolution de la maladie.
/ Une nouvelle cible pour les futurs traitements
Aujourd’hui, plusieurs traitements cherchent à réduire les dépôts de protéine bêta amyloïde présents dans le cerveau. Ces nouveaux travaux suggèrent qu’une autre stratégie pourrait consister à restaurer les capacités naturelles de nettoyage des microglies.
En empêchant l’interaction entre CD33M et la clusterine, il serait peut-être possible de permettre aux cellules immunitaires du cerveau de retrouver une meilleure capacité à éliminer les plaques amyloïdes.
Des recherches complémentaires seront toutefois nécessaires pour vérifier si cette approche peut être développée chez l’être humain et conduire, à terme, à de nouveaux traitements.
/ Ce qu’il faut retenir
Cette étude identifie un mécanisme qui pourrait expliquer pourquoi les microglies perdent progressivement leur capacité à éliminer les dépôts amyloïdes dans la maladie d’Alzheimer.
En mettant en évidence le rôle de l’interaction entre CD33M et la clusterine, les chercheurs ouvrent une nouvelle piste de recherche pour tenter de restaurer les mécanismes naturels de défense du cerveau.

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