Les jeux vidéo seraient-ils devenus une activité de seniors ? Longtemps associés aux plus jeunes, ils séduisent aujourd’hui toutes les générations.
Selon l’étude 2025 « Les Français et le jeu vidéo », réalisée par Médiamétrie pour le Syndicat des Éditeurs de Logiciels de Loisirs (SELL), 49 % des personnes âgées de 65 ans et plus interrogées jouent aux jeux vidéo, soit 5,4 millions de joueurs. Un chiffre en hausse de 700 000 personnes par rapport à 2024. [1]
Mais le jeu vidéo est-il seulement un divertissement ? Comprendre des règles, mémoriser des informations, élaborer une stratégie ou réagir à une situation nouvelle sont autant d’actions qui sollicitent notre cerveau.

/ Des seniors de plus en plus joueurs
Parmi les joueurs de 65 ans et plus interrogés, l’âge moyen d’un joueur est de 70 ans et le temps de jeu atteint 4 h 51 par semaine. Le smartphone et l’ordinateur sont leurs supports privilégiés, tandis que les jeux « casual » ou mobiles arrivent en tête des genres les plus pratiqués. [1]
Ces chiffres montrent surtout que le jeu vidéo a désormais trouvé sa place dans les loisirs des générations plus âgées. Et certaines pratiques peuvent aussi mobiliser différentes fonctions cognitivesCe sont nos capacités à interagir avec notre environnement, à mémoriser, apprendre, communiquer et effectuer n’importe quelle tâche du quotidien..
/ Apprendre pour entretenir son cerveau
Notre cerveau conserve tout au long de la vie une capacité à s’adapter et à se réorganiser : c’est ce que l’on appelle la plasticité cérébraleCapacité du cerveau à se remettre des traumas, à s’adapter aux situations vécues par la personne et à créer de nouvelles connexions…. Dans son ouvrage Le Guide anti-Alzheimer : les secrets d’un cerveau en pleine forme, le Pr Philippe Amouyel, professeur de santé publique et directeur général de la Fondation Alzheimer, rappelle ainsi l’intérêt de continuer à solliciter son cerveau et à apprendre : lire, faire des mots croisés ou des sudokus, apprendre une langue, calculer mentalement… mais aussi jouer aux jeux vidéo. [2]
Il cite notamment l’expérience NeuroRacer, menée auprès de personnes âgées de 60 à 85 ans. Ce jeu consistait à conduire virtuellement un véhicule sur une route sinueuse tout en répondant à différentes stimulations visuelles. Après douze heures d’entraînement réparties sur un mois, les chercheurs ont observé une amélioration de certaines capacités cognitives, notamment de concentration et de vitesse d’élocution. Certains bénéfices persistaient plusieurs mois après l’arrêt de l’entraînement. [2]
Ces résultats ne signifient évidemment pas que jouer aux jeux vidéo permet de prévenir la maladie d’Alzheimer. Ils illustrent en revanche la capacité du cerveau à continuer à apprendre et à progresser avec l’entraînement, même en avançant en âge.
/ Jeux vidéo et prévention : pas de recette miracle
Maintenir une activité intellectuelle fait partie des comportements favorables à la santé cérébrale. Les nouvelles recommandations de l’Organisation Mondiale de la Santé sur la réduction du risque de déclin cognitif et de maladie neurocognitive intègrent d’ailleurs la stimulation cognitiveMéthode qui consiste à améliorer les capacités mentales d’une personne et conserver ses liens sociaux grâce à de nombreuses activités impliquant les…, l’entraînement cognitif et les activités sociales parmi les interventions pouvant être encouragées ou proposées.[3]
Mais il n’existe pas de jeu « anti-Alzheimer ». La prévention repose sur un ensemble de facteurs, parmi lesquels l’activité physique régulière, l’alimentation équilibrée, l’absence de tabagisme, la limitation de la consommation d’alcool, la bonne santé cardiovasculaire, les relations sociales et la stimulation cognitive.
L’intérêt du jeu vidéo réside donc moins dans l’écran lui-même que dans ce qu’il peut nous demander de faire : découvrir, comprendre, mémoriser, réfléchir, s’adapter et parfois partager une activité avec les autres.
Et cette logique dépasse largement les jeux vidéo. Apprendre une langue, découvrir un instrument, jouer aux cartes, lire ou s’initier à une nouvelle activité sont autant de façons de continuer à solliciter son cerveau.
À tout âge, l’essentiel est donc de rester curieux, actif et de continuer à apprendre.
Références :
[1] SELL/Médiamétrie. Les Français et le jeu vidéo – L’Essentiel du jeu vidéo, septembre 2025. Étude réalisée auprès de 4 001 personnes âgées de 10 à 80 ans.
[2] Philippe Amouyel. Le Guide anti-Alzheimer : les secrets d’un cerveau en pleine forme. Le Cherche Midi, 2018.
[3] Organisation mondiale de la Santé. Risk reduction of cognitive decline and dementia: WHO guidelines, second edition. 2026.

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