Concilier son rôle d’aidant et sa vie professionnelle

Accompagner un proche atteint de la maladie d’Alzheimer ne s’arrête pas aux portes de son lieu de travail. Un rendez-vous médical à organiser, un appel imprévu, une démarche à effectuer ou simplement le besoin d’être davantage présent : avec l’évolution de la maladie, trouver un équilibre entre son activité professionnelle et son rôle d’aidantPersonne, bénévole ou rémunérée, qui aide une personne en perte d’autonomie atteinte d’une maladie ou d’un handicap dans les différentes tâches de… peut devenir difficile.

Certains dispositifs permettent de dégager du temps ou d’adapter temporairement son activité. Les connaître suffisamment tôt peut éviter de devoir trouver des solutions dans l’urgence.

/ Quand l’accompagnement commence à empiéter sur le travail

Au début, il est fréquent de s’organiser avec ses propres moyens : poser une demi-journée, déplacer un rendez-vous, appeler pendant une pause ou demander ponctuellement de l’aide à un autre membre de la famille. Mais les besoins peuvent progressivement augmenter. Les absences deviennent plus fréquentes, les imprévus plus difficiles à gérer et la fatigue peut aussi avoir des répercussions sur la journée de travail.

C’est souvent à ce moment-là que la question se pose : existe-t-il des solutions pour continuer à travailler tout en restant présent auprès de son proche malade ?

Oui. Plusieurs dispositifs existent, mais ils ne répondent pas tous aux mêmes situations.

/ Avoir besoin de quelques jours ou d’une période plus longue

Le congé de proche aidant permet, sous certaines conditions, de suspendre temporairement son activité pour accompagner une personne en situation de handicap ou de perte d’autonomie.

Il peut être utilisé sur une période continue mais aussi, lorsque les conditions le permettent, de manière fractionnée ou sous la forme d’un temps partiel.

Cette souplesse peut être particulièrement utile dans la maladie d’Alzheimer : les besoins d’un proche ne nécessitent pas toujours de cesser complètement de travailler pendant plusieurs mois. Il peut parfois s’agir de dégager du temps à certaines étapes ou lorsque la situation évolue.

La durée et les modalités applicables doivent être vérifiées selon sa situation et les éventuelles dispositions prévues par son entreprise ou sa convention collective.

/ Comment faire face à la perte de revenus ?

S’absenter de son travail peut aussi soulever une question financière. Dans certaines situations, l’allocation journalière du proche aidant (AJPA) peut compenser une partie de la perte de revenus liée à une réduction ou une interruption temporaire de l’activité professionnelle.

Son attribution n’est pas automatique : elle dépend à la fois de la situation de l’aidant et du niveau de perte d’autonomie ou de handicap de la personne accompagnée.

Le diagnostic de maladie d’Alzheimer ne suffit donc pas, à lui seul, à déterminer l’ouverture de ce droit. Pour connaître les conditions applicables à votre situation et le montant en vigueur, il est préférable de consulter directement la Caisse d’Allocation Familiale (CAF) ou la Mutualité sociale agricole (MSA), pour les personnes relevant du régime agricole.

/ Parler de sa situation au travail : une démarche parfois difficile

Dire que l’on accompagne un proche malade n’est pas toujours évident. Certains aidants préfèrent préserver leur vie privée ; d’autres craignent que leurs contraintes soient mal comprises.

Il n’est pourtant pas nécessaire d’attendre que les absences ou les difficultés s’accumulent pour se renseigner.

Le service des ressources humaines, l’employeur ou le service de prévention et de santé au travail peuvent être des interlocuteurs pour connaître les possibilités existantes dans l’entreprise.

Selon la situation professionnelle et les accords applicables, certaines organisations peuvent également offrir des possibilités plus favorables que les dispositifs prévus par la loi.

L’objectif n’est pas nécessairement de raconter la maladie de son proche dans le détail, mais de pouvoir identifier les solutions compatibles avec ses contraintes professionnelles et familiales.

/ D’autres solutions peuvent permettre de dégager du temps

Le congé de proche aidant n’est pas la seule possibilité. Un salarié peut notamment, sous certaines conditions, bénéficier de jours de repos donnés par des collègues. Ce mécanisme permet au salarié aidant de s’absenter tout en maintenant sa rémunération.

Selon les entreprises, d’autres dispositifs ou accords collectifs peuvent également exister. Il peut donc être utile de se renseigner avant d’utiliser systématiquement ses congés personnels pour accompagner son proche.

/ Continuer à travailler suppose aussi de pouvoir passer le relais

Les droits liés au travail ne répondent qu’à une partie du problème. Lorsque les besoins de la personne malade augmentent, organiser une aide à domicile, un accueil de jourLieu dans lequel une équipe de professionnels de santé propose différentes activités à des personnes âgées en perte d’autonomie pour une période… ou une solution de répit peut également permettre à l’aidant de poursuivre plus sereinement son activité professionnelle.

Il ne s’agit donc pas nécessairement de choisir entre travailler et accompagner son proche, mais de rechercher progressivement une organisation dans laquelle l’accompagnement peut être partagé.

/ Anticiper avant d’arriver à l’épuisement

Il n’est pas nécessaire d’attendre que concilier travail et accompagnement devienne impossible pour chercher des solutions.

Si les rendez-vous se multiplient, si les imprévus deviennent difficiles à gérer ou si la fatigue s’installe, se renseigner sur ses droits peut déjà permettre d’envisager une organisation différente.

Être aidant ne devrait pas conduire à devoir renoncer systématiquement à son activité professionnelle et à ses loisirs. Les besoins évoluent avec la maladie : l’organisation mise en place peut, elle aussi, évoluer.

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