La recherche sur la maladie d’Alzheimer ne cesse de progresser grâce aux chercheurs qui s’investissent à travers le monde. Mais à l’heure actuelle, aucun médicament ne permet de guérir de cette maladie. La raison principale ? La complexité du cerveau et de ses mécanismes de fonctionnement.

La maladie d’Alzheimer est une affection du cerveau qui détruit progressivement les neurones de façon irréversible. Trouver un médicament efficace capable de stopper cette dégénérescence est un processus long et difficile. Processus rendu d’autant plus difficile que l’on touche à l’organe le plus complexe du corps humain : le cerveau.

/ LES MYSTERES DU CERVEAU

Pour trouver un médicament, il faut tout d’abord comprendre la maladie et en identifier les causes. A ce jour, les connaissances sur la maladie d’Alzheimer n’ont pas permis d’identifier précisément la cause de sa survenue.

En effet, l’étude du cerveau est longue et complexe, car d’une part c’est un organe difficile d’accès protégé par la boite crânienne et d’autre part il est impossible d’en prélever un morceau chez une personne vivante sans provoquer de dégâts. Il faut alors trouver des moyens détournés pour y accéder comme l’analyse de cerveaux de personnes décédées. C’est de cette manière qu’ont été décrites, pour la première fois au début du siècle dernier, les deux lésions caractéristiques de la maladie d’Alzheimer : les plaques amyloïdes et la dégénérescence neurofibrillaire. Mais pour pouvoir étudier les mécanismes d’apparition de ces lésions, un modèle « vivant » qui simule la maladie d’Alzheimer est nécessaire. C’est pourquoi les chercheurs se sont tournés vers l’expérimentation animale.

 L’étude du cerveau est longue et complexe, car c’est un organe difficile d’accès, protégé par la boite crânienne.

Le principe est de mimer la maladie dans le cerveau d’un animal, en général une souris et de tester plusieurs manières de la guérir. Sauf que contrairement à d’autres maladies, comme le diabète ou les maladies cardiaques, il est très difficile de déclencher une maladie d’Alzheimer chez la souris car c’est une maladie très spécifique à l’Homme. Sans modèle animal fiable, on ne peut pas faire de tests, analyser de façon optimale les effets d’un médicament avant de pouvoir le transposer chez l’Homme. D’ailleurs, tous les médicaments testés dans les années 2000, qui donnaient des résultats prometteurs chez la souris, ce sont révélés inefficaces chez l’Homme. Mais au delà des limites expérimentales, une autre explication de ces échecs est invoquée : une approche des scientifiques trop tardive de la maladie.

/ UNE MALADIE INSIDIEUSE

Au fur et à mesure des découvertes, les chercheurs se sont rendus compte qu’entre le moment où les premières lésions de la maladie d’Alzheimer se développent et les premiers signes cliniques de la maladie, il pouvait s’écouler entre 10 et 20 ans, voire plus. Pendant cet intervalle, le cerveau lutte tant bien que mal contre la progression de la maladie et lorsque qu’il n’est plus capable de se défendre, et que trop de neurones sont détruits, les signes apparaissent. A partir de ce moment, même si l’on arrivait à stopper la maladie par des médicaments, il serait déjà trop tard, car il n’y aurait plus assez de neurones pour assurer une récupération des fonctions intellectuelles.

Jusqu’à récemment, la plupart des essais cliniques portaient sur des patients diagnostiqués à partir des premiers symptômes de la maladie, donc trop tardivement pour espérer une récupération. Il faudrait alors pouvoir identifier les personnes susceptibles de développer la maladie avant l’apparition des premiers symptômes pour leur administrer un traitement. Cependant il n’existe pas encore de tests complètement fiables permettant de détecter précocement la maladie par une simple prise de sang ou un examen d’imagerie. Enfin, faut-il encore être sûr que les médicaments, reposant sur des recherches d’il y a 10 ans, ciblent correctement les causes de la maladie.

La majorité de ces traitements reposent sur le même principe : ils stoppent l’accumulation de la protéine amyloïde responsables des plaques amyloïdes. Sauf que les connaissances actuelles ne permettent pas de dire avec certitude que les plaques amyloïdes sont une cause ou une conséquence de la maladie d’Alzheimer. On ne sait pas si cette accumulation de protéine présente naturellement dans notre cerveau provoque réellement la dégénérescence des neurones, ni à partir de quel seuil l’amyloïde devient toxique. Toutes ces interrogations ralentissent encore plus l’élaboration de nouveaux médicaments et l’analyse de leur efficacité. Mais les chercheurs n’ont pas dit leur dernier mot.

Plaques amyloïdes, observées en fluorescence dans un cas de maladie d’Alzheimer. 
Crédit Photo : © Inserm/U837

/ UNE RECHERCHE ACTIVE

Différentes approches sont étudiées pour trouver un médicament contre la maladie d’Alzheimer.

Tout d’abord, l’identification des personnes malades avant l’apparition des signes cliniques pour les traiter plus tôt. Pour ce faire, les chercheurs s’intéressent à la forme génétique de la maladie qui ne concerne qu’un pourcent de l’ensemble des cas. Avoir le gène correspondant garantit le développement de la maladie et donc permet une intervention précoce chez des sujets jeunes. Mais pour les 99% des patients restants, il est nécessaire de trouver soit des marqueurs de la maladie dans le sang ou le liquide entourant le cerveau, soit des facteurs de risques de survenue de la maladie.

Une des pistes s’intéresse aux personnes porteuses de la mutation du gène de l’ApoE, qui lorsqu’elle est présente, multiplie par 15 le risque de survenue de la maladie d’Alzheimer. Cette analyse génétique complétée par des analyses d’imagerie renforcerait davantage le diagnostic.

Les innovations récentes dans le champ des immunothérapies offrent de nouvelles perspectives grâce à l’utilisation d’anticorps.

Ensuite de nouveaux médicaments sont à l’étude pour lutter contre l’accumulation de la protéine amyloïde de façon optimale sans trop d’effets indésirables. Les innovations récentes dans le champ des immunothérapies offrent de nouvelles perspectives grâce à l’utilisation d’anticorps. Ces anticorps sont comme des petits drapeaux qui vont se fixer spécifiquement sur la protéine amyloïde pour signaler sa présence au système immunitaire afin de la détruire. Une technique qui a fait ses preuves notamment dans le traitement de certains cancers et qui pourrait donc s’appliquer à la maladie d’Alzheimer.

Toutes ces recherches prennent du temps, notamment à cause du délai d’apparition de la maladie d’Alzheimer et de ses signes cliniques. Mais les chercheurs du monde entier travaillent sans relâche pour pouvoir espérer obtenir de premiers résultats à l’horizon 2020-2021, et peut-être enfin trouver un ou des médicament qui pourront changer l’évolution de la maladie d’Alzheimer, voire même la guérir.

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